(Début de l'histoire : No future forever I)
Promise à un brillant avenir. C'est ce que maman pensait. Elle avait des raisons de le croire. J'étais pas la dernière cruche non plus. Maman, pauvre maman, je l'ai tellement déçue. Mais y s'en est passé de la cochonnerie, cette année-là, où tout s'est mis à dérailler pour la première fois. De la marde, une couche pis une autre, pis encore une de plus, tiens : une belle grosse lasagne de marde.
Je fuyais l'école pour me soûler la gueule. Le gars du dépanneur me cartait jamais. J'achetais une quille le matin. Avec l'argent du dîner. Je cherchais un coin tranquille pis je buvais, en ruminant ma rage. Ça, c'était après. Parce que y'a vraiment un avant et un après.
Chaque soir, je pense à ma fille, ma seule petite fille, Alice, mon bébé, et je m'inquiète : Qu'est-ce qu'elle fait, où elle est, avec qui? Est-ce qu'elle a froid ou faim, est-ce qu'elle se porte bien? J'aimerais qu'elle appelle. De temps en temps. Juste entendre sa voix, ça me rassurerait. Mais non. Pas d'appel, pas de message, pas de lettre. Aucun signe de vie. Pendant des mois et des mois. Me reste qu'à prier pour qu'il ne lui arrive rien de grave. C'est tout ce que je peux faire. Et je me demande : Est-ce que j'ai été une mauvaise mère? Cette pensée me tue.
Rien n'a changé dans sa chambre. Je n'ai rien déplacé. Les affiches de groupes punk. La peinture inachevée sur le chevalet. Son coffre à secrets. Je tiens la chambre propre. Comme si mon bébé allait revenir demain.
(En cours d'écriture. À suivre.)
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