mercredi 7 mars 2012

Lendemains ratatinés

Quand j’ai commencé à pondre des chansons pour vomir sur les gens, on m’a dit que j’avais du talent. Ce qui donne encore plus envie de vomir, non? Après un certain temps, je ne pouvais plus en sortir, de ce cycle de l’écœurement, râlant comme un malade chronique que rien ne soulage, sinon peut-être l’écho de ses propres cris.

Je buvais pour que la nausée monte, comme une vague qui avale tout. On m’accusait de ne pas savoir boire. Ça n’a jamais été mon but. Perdre le contrôle, oui, repousser les limites de la raison, ouvrir des gouffres, me rapprocher du néant. Quand je me détruis, je me détruis bien.

Je me suis tenu debout au bord du précipice pour m’enivrer de vertige. J’ai appelé des filles que je connaissais à peine à quatre heures du matin pour leur dire « Je t’aime », en sachant trop qu’elles ne voudraient plus jamais me revoir. J’ai couché avec d'autres, que je ne pourrais ou ne voudrais pas reconnaître aujourd'hui. J’ai consommé des choses que vous n’imagineriez même pas. Juste pour essayer d'oublier que je ne suis que moi. Il y a aussi des ellipses, des éclipses. Beaucoup. Des nuits entières que je ne peux reconstituer qu’à partir de bribes. Et des lendemains ratatinés, des trous dans les murs d’une chambre de motel. La bouche pâteuse. Le coeur à sec. Le cerveau comprimé comme un poing.

Le cerveau, parlons-en. Je pensais encore trop. J’aurais voulu tirer sur une languette et m’ouvrir le crâne comme on ouvre une boîte de sardines. Retirer ma cervelle de la cavité où elle croupit depuis tant d’années. Hacher menu la masse spongieuse. La faire rissoler dans une poêle. La manger, la digérer, la chier. Tirer la chasse. Me débarrasser enfin de toutes ces questions insignifiantes qui me paralysent.

4 commentaires:

  1. Je ne te dis pas les images qui défilent, c'est de la bande dessinée qui devrait accompagner certain de tes textes. La tondeuse ci-dessous, un pur délire!

    Pour moi c'est bientôt le retour en France.

    Ce fut un tournage de merde, avec un rôle de merde, pour un téléfilm de merde.

    Et puis à Rome c'est trop facile de péter les plombs !

    La fierté d'être romain, pour moi pas vraiment!

    Vivement la forêt, les ballades en amoureux, avec mon cheval, Safir; être là avec lui pour accueillir le printemps, dormir sous les arbres.

    Bonne et belle journée à toi, Tattoo.

    Sandro

    PS: garde toi un p'tit bout de cervelle ;)

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  2. il me donne envie de pleurer, ce texte.

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  3. Je suis content que tu sois plus actif ces temps-ci.

    Bien agréable de te lire.

    Gral

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  4. @Eliot Sandro : Une BD à partir de mes textes, ce serait vraiment super. Un jour, peut-être...

    Bonne journée à toi aussi.

    P.S.- Je conserve quelques bouts dans un bocal de formol, au cas où.


    @Djali : Moi, il me donne plutôt envie de chier. :P


    @Gral : Tout le plaisir est pour moi! Content de te savoir toujours là!

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Si tu vomis, fais-le avec style.