Au fur et à mesure qu'il vieillissait, le monde semblait se rétrécir. De façon générale, la politique l'emmerdait, de plus en plus, à tous les niveaux. Il s'y intéressait tout de même : la médiocrité de sa société s'y révélait tout entière.
Fantoches mesquins et sans vision occupaient l'avant-scène. La majorité des citoyens n'y comprenaient rien, absolument rien, les enjeux sérieux leur échappaient, ils votaient pour une figure, un sourire, un nom, rarement pour des idées. Les débats ressemblaient à des dialogues de sourd. Peu d'échanges musclés, de véritables joutes. Médiocrité encore.
Il avait été communiste pendant son adolescence. Un communiste théorique. Il lui semblait souhaitable d'abolir la propriété privée; il ne possédait rien. Il était, par principe, en faveur de toutes les grèves, de toutes les manifestations. Il était jeune et idéaliste, avait les cheveux longs et le jugement court.
Les années passant, il s'est mieux situé : ni à gauche, ni à droite, il est devenu neutre, ou plutôt, cynique, et cette option qui n'en est pas une lui convenait parfaitement.
Cioran ne se sentirait pas en pays inconnu sur ton blog.
RépondreSupprimer