lundi 8 février 2010

La bonne conscience

Je t’aimais trop, voilà. Toi, ma jumelle, ma copie conforme, ma plus grande amie. Ma bonne conscience.
Nous étions sûrs que nous avions été, à la naissance, un spécimen rare. Deux corps en un; collés, soudés par la tête : un mutant siamois qu’on exhibe dans les foires. Nos parents, honteux, s’étaient empressés de nous faire séparer, car On ne peut pas vivre comme ça. Nous étions trop jeunes lorsque l’opération avait eu lieu. Nos mémoires n’avaient conservé qu’un vague souvenir de la chirurgie. Les parents étaient des traîtres. Dieu aussi.
Parfois, nous montions au grenier et nous cherchions, dans les boîtes et les malles, des actes de naissance qui n’auraient pas été falsifiés. Comme des chercheurs de poux, nous nous fouillions la tête pour trouver le point de rupture, une cicatrice, quelque signe qui aurait pu confirmer que notre destinée avait été faussée, que nous aurions dû, en réalité, faire le tour du monde dans une cage en fer-blanc, tirer la barbe de la femme à barbe, au milieu des explosions, des cris obstinés des bonimenteurs.
Maintenant, le psychiatre essaie de me convaincre que tu n’as jamais existé. Que j'ai tout inventé, que je suis fou, simplement. Qu'est-ce qu'il en sait? Il peut bien parler, encore et encore, je resterai muet. Je ne dirai rien, oh! Je garderai jalousement le secret. D'ailleurs... je n’ai rien vu. Rien. Je n'aurais jamais pu le faire. Jamais.
Non, je le jure, ce n’est pas moi qui t’ai assommée avec une pelle derrière le vieux hangar.

mercredi 3 février 2010

L’HYPOTHÈSE DU VIDE

Papa et moi, on avait été te rendre visite à l’hôpital.

On s’est perdus dans le dédale de corridors, on a pris le mauvais ascenseur, et on est arrivés en retard. Quand on s’est enfin pointés, tu t’es levé de ton lit et, t’appuyant tant bien que mal sur ta marchette, tu t’es traîné les pieds pour venir nous accueillir. On a échangé des banalités, mais les mots ne sortaient pas. Malaise. Vraiment pénible de te voir aussi amoché, Maurice – et je t’ai souvent vu en mauvais état. Tes rides s’étaient accentuées. Ton dos semblait plus osseux que jamais, les vertèbres y dessinant un relief en pointes. Tes yeux creux ne nous lâchaient pas. Tu as laissé échapper des paquets de syllabes plus ou moins cohérents avant de replonger dans ton mutisme de bovidé. Tu semblais résigné à la décrépitude, comme si c’était le seul destin envisageable. Il y avait une vérité qu’on ne pouvait énoncer qu’à mots voilés : le cancer du poumon s’était rapidement ramifié en métastases dans tous tes organes, cerveau, foie, prostate, intestins, partout. Tu n’étais pas si vieux, pourtant – à peine cinquante ans – mais la machine déraillait ferme. Selon toute évidence, la guérison relevait de l’utopie. C’est pourquoi Papa avait décidé de t’emmener chez-nous. Là, au moins, tu pourrais mourir dans un minimum de dignité, loin des relents, des odeurs de désinfectant, de la maladie des autres.

Je n’ai compris que plus tard, beaucoup plus tard, l’amitié sans conditions qui vous liait, toi et papa, lorsqu’il a évoqué vos nuits partagées dans le froid, les beuveries dans les recoins d’un quartier dangereux, les batailles à coups de tessons de bouteille, les blessures arrosées d’alcool à friction et pansées avec des guenilles, tout ça. Vous étiez solidaires dans la détresse, l’errance, la mendicité. Il n’a pu me confier ça qu’après ta mort, et encore, il arrachait avec peine ces détails de sa mémoire, comme si une pudeur mystérieuse l’empêchait de parler de ce qui n’aurait jamais dû arriver.

Il fallait que tu boives une grosse cuillerée de sirop de morphine quand tes douleurs devenaient insupportables. Quand tu te tordais comme si un démon te trifouillait les entrailles avec des pinces chauffées à blanc. La première fois, je m’en souviens, on a roulé ton fauteuil en face de la porte-fenêtre qui donnait sur la rivière, tu as pris ta dose, l’effet était fulgurant. J’avais l’impression que tu avais sombré dans un coma opaque. Tu n’as eu aucune réaction lorsque j’ai passé ma main devant tes yeux. Tu restais complètement immobile, insensible à tout. Je me suis assis à côté de toi. Le silence se peuplait de conjectures. Je me suis demandé où tu pouvais bien être. Où? Dans un trou noir? Au seuil du purgatoire? À la table du Grand Manitou? Dans un rêve en couleurs où tu séjournais dans les bras, entre les jambes de toutes ces femmes qui t’avaient repoussé? Nulle part, peut-être? J’ai médité là-dessus, trop longtemps, et quand tu es sorti des vapes, je n’ai pas osé te poser la question, de peur que tu ne puisses me donner de réponse.

Tu te desséchais à vue d’œil, comme une plante laissée dans un sous-sol dépourvu de clarté. Un jour, on s’est aperçus que tu avais perdu toute forme d’autonomie. Il fallait tout de même te laver. Papa a décidé de te prodiguer les soins nécessaires. J’ai voulu assister à ça, malgré la répugnance que ça m’inspirait. Il t’a déshabillé, t’a étendu sur le lit, tu as bu une gorgée de ton sirop. Puis tu es parti, nous laissant seuls avec ton corps décharné. Voilà tout ce que tu possédais, ton corps, et tu ne l’avais pas ménagé. Il portait les traces de tous les abus, de toutes les négligences. Ta peau ressemblait à un vieux parchemin fripé sur lequel on pouvait déchiffrer ta vie livrée à l’abandon. Des cicatrices boursouflées striaient tes jambes. Sur ton bras droit, le tatouage de la vierge Marie se perdait dans les plis et le poil gris. Ça et là, des bleus, des bosses. Et cette odeur rance qu’aucun savon, qu’aucun frottement n’aurait pu faire disparaître, cette odeur qui me donnait mal au cœur. La même qui collait aux murs de ta cambuse où j’entrais à reculons, cette bicoque rabougrie que tu appelais ta maison, où la toilette était presque toujours bloquée. Où tu éclusais de l’alcool de pissenlits mal fermenté ou de la bière américaine cheap en grillant à la chaîne ces cigarettes que tu roulais toi-même de tes longs doigts jaunes. Il y avait aussi, dans ce mélange, le relent de ces fermes où tu avais travaillé pour un salaire de minable, où tu avais remué et épandu le fumier. L’humidité de toutes ces fosses que tu avais curées. L’odeur des animaux dont tu prenais soin comme s’ils étaient ta seule vraie famille, et encore celle des fenils où tu t’étais masturbé en imaginant toutes ces fentes que tu ne visiterais jamais. J’ai dû finir de te laver parce que papa est parti. Il a feint d’avoir la nausée mais je crois bien qu’il est allé pleurer dehors. Les larmes les plus sincères sont parfois les plus discrètes. Il y a des larmes qu’on étale au grand jour comme des perles d’hypocrisie, des larmes dont on fait le trafic, et papa a souvent été accusé d’insensibilité parce qu’il n’a jamais su les verser, ces larmes-là. Il préfère garder sa peine pour lui, alors au moins il est certain qu’elle est authentique. Finir de te laver a été une épreuve, mais quand j’ai eu fini, je n’osais m’avouer que ça m’avait, en quelque sorte, réconcilié avec la condition humaine, une saloperie qu'on porte en nous et qui nous gruge peu à peu.

Plus tard, ce soir-là, tu avais le cœur aux confidences. Tu m’as raconté, d’une voix traînante, que ton père avait été foudroyé par une crise cardiaque, dans tes bras, pendant que la forêt où vous bûchiez ensemble était dévorée par un impitoyable incendie. Que ta mère, une vraie sauvageonne, s’était enfuie de la maison sans prévenir, qu’elle n’avait plus jamais redonné signe de vie. Que tes frères et soeurs t’avaient renié, tous, que tu n’existais plus pour eux. Ça a sorti d’un coup, pêle-mêle, ces aveux très tristes. Mais tu ne pleurais pas, tu ne pleurais plus, tu étais déjà ailleurs, prêt pour l’enjambée inévitable. J’ai remarqué que tu ne remontais plus ta montre, tu avais commencé à larguer les amarres et le temps était un problème qui ne te concernait plus. Tu as marqué une pause, l’air grave, puis tu m’as regardé droit dans les yeux et tu m’as dit ça, avec une voix caverneuse que je ne te connaissais pas : « La vie, c’est brun comme un gros biscuit de marde avec quelques petites pépites de chocolat. Quand tu tombes sur un morceau de chocolat, t’es mieux de le téter longtemps, parce que… tu sais ce qui t’attend après. »

Et tu t’es étouffé avec ton biscuit. Au milieu de la nuit, tu as clamsé sans demander ton reste. Je t’ai retrouvé le lendemain matin, étalé sur le plancher de la salle de bain, face contre terre dans une auréole sang. Raide. Ton corps, là, comme une pelure sèche sur les tuiles, et rien de plus. La seule idée qui m’est venue, c’était de te toucher, comme si j’avais pu, en te secouant, t’extirper d’un rêve dans lequel tu t’attardais. Ça n’a rien donné. J’ai seulement grelotté en sentant ta froideur.

Un coup de massue dans le front, mon premier cadavre. Puisqu’il en faut bien un. Premier vrai cadavre, si peu semblable à tous ces autres morts menteurs que j’ai vus par la suite, affublés de costumes de sérénité, paupières closes, joues rougies, lèvres cousues, mains croisées sur le ventre. Bien préparés pour la mascarade, le défilé des vivants et les bouquets de condoléances. Toi, Maurice, tu as représenté la mort dans toute sa nudité scandaleuse, irrecevable. J’aurais voulu pleurer, mais les larmes ne montaient pas, le chagrin restait pris à l’intérieur, ça brûlait. À vrai dire, j’aurais préféré être égoïste, ne rien ressentir, et j’en avais honte. Je n’entendais que mon sang qui battait de plus en plus vite dans mes tempes, restant là à observer tes omoplates qui saillaient sous la peau comme deux ailes racornies, tes yeux entr’ouverts sur l’hypothèse du vide.

lundi 1 février 2010

(Dit-il avec un sourire ambigu.)

La vie, parfois, ça te pompe le jus solide, même (et peut-être surtout) quand tu ne fais rien, et parfois, tu frises la névrose, t'es brûlé, blasé, à plat, et puis t'as juste le goût de tout foutre en l'air avant d'aller te cacher dans une grotte à flanc de montagne au Népal, tiens, où il n'y a pas âme qui vive, pas de chèvres, pas de fruits, même pas d'herbe qui pousse; tomber en léthargie, mourir doucement d'inanition, et mettre fin à cette grande farce, loin de la mascarade où tes semblables s'agitent, prendre ton congé pour de bon, sans tambour ni trompettes, dans l'oubli total; mais ça passe, ça passe, et tu reprends ton train train, bon gré, mal gré, sans trop te demander quand, mais quand? ta vie ne sera plus aussi joyeusement vide, quand tu va cesser de t'acharner à fabriquer du sens, du bonheur, des histoires à faire peur; bon, assez, assez, tu sens un reflux de bile dans ta gorge; il faut contrer la noirceur, ne plus te complaire dans le pessimisme, mais merde, on ne se débarrasse pas de nos vieux plis comme ça, comme on jette des sacs à ordures au chemin.
L'espoir vaincra, mes amis, l'espoir vaincra! (dit-il avec un sourire ambigu.)

samedi 30 janvier 2010

Un peu de sang sur mon guidon

Gros crac, bruit mou, et ensuite, aucun son. Il y a un peu de sang sur le guidon de mon nouveau vélo. Le vieillard qu’on surnomme Petites Jambes est étendu par terre, devant moi, une blessure ouverte au front. Ses yeux entrouverts, d’une fixité inquiétante, n’expriment rien. Il ne bouge pas d’un petit doigt. Sonné, le bonhomme. Complètement. Il ne comprend pas ce qui vient d’arriver, et moi non plus, d’ailleurs. C’est bizarre, la vie : tu roules comme ça, un matin, sur ton bicycle, sans tracas, sans les mains, sans trop regarder où tu vas non plus parce que, de toute façon, il est tellement tôt que les rues sont désertes, et soudain, paf! Tu renverses un petit vieux qui sort de nulle part.
Petites Jambes reste immobile. Je n’ai pas la politesse élémentaire de m’excuser, il ne me vient même pas à l’idée de laisser ma bicyclette sur le trottoir et de l’aider à se relever, de le soutenir et de le raccompagner chez lui. Non. Je suis cloué sur ma selle, les poings crispés sur mes poignées. Aussitôt se précipitent des images dans ma tête. Désagréables, les images. D’abord, un scénario en cinq épisodes : commotion cérébrale, hôpital, tribunal, enfer carcéral et peine capitale. Puis j’imagine mon père qui m’engueule en épuisant sa réserve de sacres et de menaces. Ensuite, je repense à l’oiseau écrasé que j’avais découvert sur le chemin de fer désaffecté, petit corps brun bouffé par les mouches et cuit par le soleil. Et enfin, je ne pense plus à rien. Un grand vide dans ma tête. Je sue et j’attends. Longtemps. Pétrifié. Dans le silence. Je retiens mon souffle. Au bout d’un certain temps —combien de minutes, je l’ignore— Petites Jambes finit par se secouer. Il ramasse sa canne. Réajuste ses lunettes. Gémit un peu. Sort un mouchoir de la poche de son pantalon, s’essuie le front et reglisse le bout de tissu dans sa poche. De peine et de misère, il se remet debout sur ses jambes vacillantes et poursuit son chemin, chétif comme un bonhomme allumette. Sans même me regarder. Comme si rien ne s’était passé. Pas un reproche, pas même la plus légère plainte.
Je ne ressens aucune culpabilité, aucune. Six ans et tant d’insouciance. J’ai bien l’impression vague d’être sans cœur, c'est une pensée qui m'effleure l'instant d'un moment et qui disparaît aussitôt. Plutôt fâcheux, tout ça, mais je suis résolu à ne pas me torturer, il est trop tard. Aucun témoin : les fenêtres sont vides, les cours aussi, pas un chat dans la rue. Personne n’a vu quoi que ce soit. Avec une petite culotte piquée sur la corde à linge de la voisine, j’essuie mon guidon, et je m'en vais. Je ne jonglerai pas avec les excuses. D’ailleurs, je n'aurai même pas à me justifier. Petites jambes ne me dénoncera pas. Atteint d’une maladie de la mémoire, il oubliera tout. Sa femme, qui fait des travaux de couture pour aider les ménagères du village, ne réussira pas à le raccommoder. On le verra de moins en moins errer à la recherche de compagnons aussi désœuvrés que lui pour échanger des commérages, il n’ira plus chercher son journal et laissera le chiendent envahir son jardin. Il se bercera sur sa galerie, des journées entières, à fumer sa pipe, et sur son visage on ne lira qu’une étrange hébétude enfantine.

Les souvenirs s’échapperont de sa tête, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sève dedans, plus de noms, plus de visages, plus de paysages, rien. Pourtant, il n’aura pas l’air malheureux. Et un jour, les ambulanciers le sortiront sur une civière, l’emmèneront à l’hôpital où il mourra sans même s’en rendre compte, entouré de gens qui pleurent et qu’il ne reconnaît pas.

Puis il reviendra au village, un matin frisquet de septembre, pour être enterré au fond du cimetière, dans la concession familiale, sous une vierge en marbre un peu sinistre, et on n’entendra plus parler de lui.

vendredi 29 janvier 2010

J'en ai mal aux os

Il y a des soirs comme ça, tu vois, où je n'ai pas envie de baiser. Pas vraiment. Vraiment pas. Des soirs où j'aurais seulement envie de poser ma tête sur tes genoux pour que tu me caresses les cheveux comme un enfant pendant que je te confie les rares rêves intacts qui subsistent après le naufrage.
Or, ce n'est pas ce que tu attends de moi. Je ne suis pas celui que tu crois. Mais j'ai endossé cette armure il y a si longtemps qu'elle s'est soudée à ma peau.
Il y a des soirs comme ça où je ne voudrais pas que ça se termine dans le lit, sur la table de la cuisine ou sur le bord du bain, comme d'habitude.
Tu ne veux pas savoir qu'en-dedans, c'est le délabrement secret. J'ai retapé la facade mais dans les murs, les poutres craquent, les fils se touchent. Une bourrasque suffirait pour que le bâtiment s'écroule.
Certains soirs je réfléchis tellement que tout s'embrouille et même en me bouchant les oreilles, je n'entends plus mon coeur battre.
Il y a des soirs comme ça où j'aimerais t'embrasser, très doucement, sans urgence, oui, en ce moment, tu vois, je voudrais te toucher et je voudrais que tu me touches, doucement et sans rien demander d'autre, rien de plus : c'est très humain, non? Juste être là avec toi à l'horizontale, les yeux dans le vague et ma main posée sur ta hanche pendant que tu me racontes ta vie comme si t'allais mourir demain, et c'est un désir tellement profond que j'en ai mal aux os.

mercredi 27 janvier 2010

Les petites putes de Jéhovah

Chaque fois que des ta*b*rn*k de témoins de Jéhovah débarquent sur mon balcon à sept heures trente-six du matin, je vous jure, j'aurais envie de les étrangler avec le fil de mon réveille-matin, je me maudis de ne pas posséder de pitbull ayant une prédilection pour les couilles de lopettes sectaires. Oh oui! Les couteaux sont dans le tiroir à côté de la porte, et mes mains le savent trop bien, j'ignore pourtant quel fond persistant de morale judéo-chrétienne m'empêche de procéder à une boucherie qu'applaudiraient sans doute tous mes voisins.

Or, aujourd'hui, ce n'est pas l'habituel duo de coincés quelconques qui m'a extirpé de mon sommeil, mais plutôt une agréable délégation de femelles passablement pulpeuses. Leur tailleur sobre constituait un défi pour l'imagination, et même si de l'imagination, j'en ai plutôt beaucoup, alors là, je dois leur accorder le point: PETITES PUTES DE JÉHOVAH:1, TATTOO:0. C'est de bonne guerre. Décidément, les Jéhovah raffinent leurs techniques de recrutement, on est au XXIe siècle, après tout, faut être de son temps. Je les ai fait entrer, les messagères de la bonne nouvelle, vous imaginez bien. Ce qui était plutôt embarrassant: mon bandage matinal. Sans doute Astrid et Ingrid (ainsi les ai-je moi-même baptisé, car elles avaient l’air d’être suédoises), sans doute Astrid et Ingrid, dis-je, se sont aperçues de la dureté de mon... caractère?, car, aussitôt assises dans la cuisine, elles ont croisé les jambes de façon (malheureusement non) suggestive.

"Écoutez les filles. Ça me plaît bien vos histoires. L'amour de Dieu... L'amour universel... Mais moi, je suis pas encore à ce niveau-là, vous comprenez, l'amour, je le conçois davantage sur le mode, comment dire? Personnel? Vous comprenez? il faut bien commencer quelque part, non... Vous voudriez pas m'enseigner... à aimer mon prochain… deux fois plutôt qu'une?"

Sur ce, j'ai décoché un clin d'oeil à Astrid en glissant ma main sur sa cuisse. La gifle retentissante, mes amis! J'en ai encore la matière grise qui frémit comme du jell-o quand on ouvre le frigo. La gifle! Mon visage arbore encore l'empreinte bien nette des cinq doigts, et ma joue n'a rien à envier aux parois des grottes qui recueillirent les premiers témoignages artistiques de notre espèce.
Elles ont levé les feutres, comme ça, en claquant la porte, me laissant seul dans la cuisine avec une érection mélancolique.

PETITES PUTES DE JÉHOVAH:2, TATTOO: Encore 0.

mardi 26 janvier 2010

Encore un aphorisme bête et gratuit

La classe, c'est une mauvaise excuse inventée par les gens qui n'ont pas de fun pour faire se sentir mal ceux qui en ont.